Le 37ᵉ sommet franco‑britannique s’est tenu à Londres le jeudi 3 juillet 2025, dans le cadre de la visite d’État d’Emmanuel Macron — la première d’un chef d’État de l’Union européenne depuis le Brexit. Co-animé par le président français et le Premier ministre britannique Keir Starmer, ce sommet visait à relancer une coopération bilatérale en demi-teinte depuis 2016.
Les priorités officielles : défense, Ukraine, immigration
Les discussions ont principalement porté sur trois volets stratégiques :
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Le soutien militaire et humanitaire à l’Ukraine, dans un contexte de guerre prolongée.
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La lutte contre l’immigration illégale via la Manche.
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Le renforcement de la coopération en matière de défense et de sécurité, dans un climat géopolitique tendu.
Malgré cette feuille de route claire, un angle mort demeure : le handicap, qui, bien que de plus en plus visible dans les sociétés civiles, reste largement absent de l’agenda diplomatique Le handicap : une absence éloquente dans la couverture médiatique
1. Silence généralisé
Dans les principales sources (Morningstar, Arab News, AFP), le mot "handicap" n’apparaît tout simplement pas. Aucun engagement, aucune mention d’accessibilité, de droits ou d’inclusion des personnes en situation de handicap. Cette absence médiatique reflète un désintérêt structurel, malgré les évolutions sociales notables dans les deux pays.
2. Déconnexion entre discours et réalité
Ce silence contraste avec d’autres engagements passés :
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Le Global Disability Summit de 2018 au Royaume-Uni, critiqué pour son écart entre les discours enthousiastes et la réalité des politiques d’inclusion.
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En France, les pressions accrues sur le gouvernement à l’approche des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, notamment sur l’accessibilité des infrastructures.
Cela souligne une approche opportuniste : les grands enjeux diplomatiques comme la défense ou la migration mobilisent l’attention politique, au détriment de questions sociales transversales, pourtant essentielles à une diplomatie cohérente.
Pourquoi le handicap aurait dû figurer à l’agenda
1. Une cohérence diplomatique globale
La diplomatie inclusive est un vecteur de crédibilité : défendre les droits de l’Ukraine sans penser aux personnes handicapées dans les zones de conflit ou parmi les réfugiés affaiblit la portée éthique du message franco-britannique.
2. Un levier d’influence post-Brexit
Dans une logique de "Global Britain" et de rayonnement post-Brexit, le Royaume-Uni a tout à gagner à montrer l’exemple en matière de droits humains, dont le handicap fait partie intégrante. Même chose pour la France, engagée dans des réformes sociales sous pression internationale.
3. Une demande sociétale forte
Des organisations comme APF France Handicap, le Conseil de l’Europe ou encore des instances britanniques multiplient les appels à une véritable inclusion dans les politiques publiques. Les ignorer dans les sommets bilatéraux est un rendez-vous manqué, tant sur le plan symbolique que moral.
Contexte historique : d’où viennent ces sommets ?
a) Une tradition ancrée depuis 1976
Depuis leur création en 1976, les sommets franco-britanniques visent à consolider les relations bilatérales dans des domaines variés (défense, économie, diplomatie). Historiquement, les enjeux sociaux y étaient marginalisés.
b) Une ouverture lente aux questions sociales
À partir des années 2000, les sommets commencent à intégrer des sujets plus transversaux (culture, éducation, migrations). Mais le handicap reste en retrait, y compris lors des sommets récents comme celui d’Amiens en 2016.
c) Une montée en visibilité récente
Le 37ᵉ sommet amorce toutefois un frémissement : des sujets liés au handicap sont évoqués indirectement, notamment dans le domaine culturel (ex : accompagnement sexuel pour personnes en situation de handicap, accessibilité des lieux artistiques). Un signal faible, mais significatif.
Une couverture médiatique révélatrice
Médias généralistes : l’omission
Les grands titres (AFP, Arab News, Morningstar) ignorent totalement la question du handicap. L’attention reste focalisée sur la géopolitique.
Médias spécialisés : quelques éclats
Seul RFI, par exemple, mentionne le handicap — et encore, via le prisme culturel, en abordant le sujet tabou de l’accompagnement sexuel. On reste loin d’un traitement stratégique ou institutionnel du sujet.
Quelles perspectives d’avenir pour une diplomatie inclusive ?
Le sommet de 2025 pourrait marquer un tournant s’il ouvre enfin la voie à une intégration structurelle du handicap dans les coopérations bilatérales.
➕ Propositions concrètes pour les prochains sommets :
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Un pacte franco-britannique pour l’inclusion, intégrant le handicap dans les accords sur les transports, la santé, l’éducation.
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Un chapitre dédié à l’accessibilité, s’inspirant du Global Disability Summit, mais avec des engagements concrets, vérifiables.
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Des projets conjoints autour du handicap et de la défense, comme la réinsertion de soldats blessés ou le développement de technologies d’assistance.
Auteur
Mayeul BERETTA

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